Foire aux questions sur le TSAF

De nombreuses personnes ont des questions sur le TSAF. Vous trouverez ci-dessous les questions et réponses les plus courantes.

En quoi consiste le trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) ?

Le TSAF est le terme médical décrivant la myriade d’effets pouvant découler de l’exposition prénatale à l’alcool. La consommation d’alcool pendant la grossesse risque de causer des lésions permanentes au cerveau et au système nerveux central du bébé. Étant donné que le cerveau et le système central nerveux se développent tout au long de la grossesse, les dommages peuvent différer d’un enfant à l’autre selon le moment où l’alcool a été consommé. Le TSAF est un trouble qui dure toute la vie. Chaque personne qui en est atteinte aura ses propres défis à surmonter. Elle peut avoir des problèmes dans les domaines de développement suivants :

  • Physique – malformation congénitale et problèmes de motricité
  • Mental – troubles cognitifs, de mémoire et difficulté à prendre des décisions
  • Comportemental – difficultés relationnelles, crises de colère
  • Apprentissage – résultats scolaires médiocres, difficulté avec les notions abstraites

Bien que les personnes atteintes du TSAF peuvent avoir certaines caractéristiques en commun, elles présentent chacune leurs propres points forts et ont chacune leurs propres défis à surmonter. Un diagnostic précoce et un soutien approprié peuvent améliorer leur situation.

En 2016, les nouvelles lignes directrices Trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) : lignes directrices pour un diagnostic tout au long de la vie ont été publiées au Canada. Elles renferment deux catégories de diagnostic :

  • Trouble du spectre d’alcoolisation fœtale avec traits faciaux caractéristiques
  • Trouble du spectre d’alcoolisation fœtale sans traits faciaux caractéristiques

Les trois traits faciaux caractéristiques suivants indiquent une exposition du fœtus à l’alcool pendant la grossesse :

  • fentes palpébrales courtes (petits yeux)
  • philtrum lisse (sillon sous-nasal absent)
  • lèvre supérieure mince

La plupart des personnes atteintes du TSAF n’ont pas de traits faciaux caractéristiques parce qu’elles n’ont pas été exposées à l’alcool au stade particulier de la grossesse où le visage se dessine. Les traits faciaux caractéristiques sont prédictifs d’une exposition à l’alcool pendant la grossesse, mais ne sont PAS représentatifs de la gravité des lésions au cerveau. À mesure que les personnes avancent en âge, les traits s’estompent. En l’absence des trois traits faciaux caractéristiques, l’équipe de diagnostic doit confirmer que la mère a consommé de l’alcool pendant sa grossesse pour pouvoir poser un diagnostic de TSAF (Cook et coll., 2016).

Le TSAF est reconnu comme étant une déficience invisible étant donné que la plupart des personnes qui en sont atteintes n’auront pas de signes physiques visibles. Toutefois, l’exposition prénatale du bébé à l’alcool a causé des lésions à son cerveau, entraînant de nombreux problèmes qui dureront toute sa vie durant.

Les gens diagnostiqués avant 2016 peuvent avoir reçu les diagnostics suivants : effets de l’alcool sur le fœtus (EAF) ; malformation congénitale liée à l’alcool (MCLA) ; syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) ; syndrome d’alcoolisation fœtale partiel (SAFp) ; ou trouble neurologique du développement lié à l’alcool (TNDLA).

Quels sont les traits caractéristiques communs du TSAF ?

Les personnes atteintes du TSAF présentent diverses capacités et déficiences. Chaque personne a des aptitudes qui lui sont propres. Par exemple, elle peut être très éloquente, avoir des talents artistiques ou musicaux, être douée pour l’athlétisme et faire preuve de convivialité, de générosité et de détermination. Elle peut aussi être très bonne avec les jeunes enfants. Nous avons dressé la liste ci-dessous des défis courants observés chez les personnes atteintes du TSAF. C’est ce qu’on appelle les incapacités primaires, c’est-à-dire que les personnes naissent avec ces affections en raison des lésions prénatales cérébrales et corporelles qu’elles ont subies.

  • Problèmes de mémoire – elles ont de la difficulté à emmagasiner l’information et à la récupérer. Souvent, elles remplissent leurs trous de mémoire en fabriquant une histoire. Les gens pensent alors qu’elles mentent.
  • Incohérence – elles comprennent une chose un jour et ne la comprennent plus le lendemain. Les gens pensent alors qu’elles font exprès de ne pas comprendre.
  • Impulsion, distraction, désorganisation – elles font et disent des choses sans réfléchir, ont de la difficulté à trouver les objets qu’elles cherchent ou à planifier et à finir une tâche.
  • Difficulté à suivre les consignes – elles peuvent répéter les consignes, mais ne peuvent pas les réaliser.
  • Pensée littérale – elles ne saisissent pas les plaisanteries ou sont incapables d’utiliser une information acquise d’une situation à l’autre.
  • Difficulté avec les concepts abstraits les mathématiques, la gestion de l’argent et du temps et les conséquences sont des concepts très difficiles à comprendre pour ces personnes.
  • Troubles cognitifs – ces troubles peuvent se manifester par un ralentissement de la pensée, les personnes ne comprennent alors que le tiers des mots d’une conversation menée à un rythme normal.
  • Retard de développement – elles peuvent agir plus jeunes que leur âge.
  • Mauvais jugement – elles sont incapables de prédire ou de comprendre les conséquences.
  • Retard dans le développement de la motricité – elles peuvent avoir de la difficulté avec leur motricité fine ou avec les activités exigeant de la coordination.
  • Piètres habiletés sociales – elles ont de la difficulté à se faire des amis et à les garder, ne peuvent pas lire le langage corporel et ne comprennent pas le concept des limites personnelles (TSAF région de Waterloo, 2018 et Malbin, 2017).

Les gens atteints du TSAF qui ne reçoivent pas le bon diagnostic et un soutien approprié des personnes et des services qui comprennent leur état peuvent développer d’autres problèmes, tels que :

  • Incapacité à contrôler leurs frustrations pouvant causer des crises de colère avec ou sans violence
  • Problèmes de santé mentale et de toxicomanie
  • Difficulté à vaquer aux occupations quotidiennes
  • Perturbation du cheminement scolaire
  • Itinérance
  • Démêlés avec la justice
  • Difficulté à garder un emploi
  • Problèmes de consommation d’alcool et d’autres drogues (gouvernement du Canada, 2018)

Les personnes qui reçoivent un diagnostic précoce et qui bénéficient du soutien approprié peuvent être plus résilientes et présenter de nombreux atouts (Center for Disease Control and Prevention, 2017).

Peut-on guérir le TSAF ?

Il n’existe aucun traitement pour guérir le TSAF en raison des lésions causées au cerveau et à l’organisme au moment de leur développement. La recherche sur la prévention et le diagnostic du TSAF et sur les interventions et les services de soutien efficaces évolue très rapidement. Il existe à l’heure actuelle de nombreux programmes et services de soutien qui contribuent à améliorer la situation des personnes atteintes du TSAF. Avec l’aide appropriée et les services adéquats, ces personnes peuvent vivre une vie heureuse et bien remplie. Les mécanismes de soutien appropriés comprennent : les programmes d’éducation de l’enfance en difficulté, les programmes de formation professionnelle, les services de tutorat, un environnement structuré et les services de soutien à vie. Il arrive souvent que les services de soutien ne soient pas disponibles ou coûtent trop cher. À mesure qu’évolue la recherche sur le TSAF et le développement du cerveau, nous en découvrirons davantage sur ce qui peut améliorer la situation des personnes atteintes du TSAF.

Le TSAF ne touche que les personnes issues d’un groupe ethnique, social et culturel précis

Le TSAF touche toutes les collectivités de l’Ontario et du Canada. En 2015, 76,7 % des Ontariennes de 15 ans et plus consommaient de l’alcool. Au Canada, on estime que 50 % des grossesses ne sont pas planifiées. Ces statistiques démontrent donc clairement que de nombreux bébés seront exposés à l’alcool pendant la grossesse, peu importe le niveau d’éducation, l’âge, le groupe ethnique ou les antécédents culturels de la mère. (Ialomiteanu et coll., 2016, CanFASD, 2018).

Les personnes atteintes du TSAF ont des traits faciaux caractéristiques

Très peu de personnes atteintes du TSAF présentent des traits faciaux caractéristiques. Ces traits (fentes palpébrales courtes, philtrum lisse, lèvre supérieure mince) sont présents si la mère consomme de l’alcool entre les 18e et 21e jours de la grossesse. Il n’y a pas de lien entre les traits faciaux caractéristiques du TSAF et la gravité des lésions cérébrales ou physiques. C’est pourquoi on parle d’handicap invisible.

Les personnes atteintes du TSAF ont un faible quotient intellectuel

Bien que le QI de nombreuses personnes atteintes du TSAF se situe dans la fourchette « normale » ou même « élevée », cependant elles n’arrivent pas toujours à fonctionner comme leurs pairs du même âge. Autrement dit, leur QI peut se situer dans la moyenne, mais leurs capacités adaptatives sont inférieures à la moyenne. Étant donné que l’on se sert souvent du QI pour déterminer si une personne est admissible aux programmes et services de soutien, un grand nombre d’entre elles ont malheureusement beaucoup de difficultés à obtenir le soutien dont elles ont besoin (Université de l’Alberta, 2018).

À mesure que les enfants vieillissent, les symptômes disparaissent

Le TSAF est un trouble physique et systémique qui perdure la vie entière. Toutefois, un diagnostic précoce, un soutien approprié et constant, ainsi qu’un milieu de vie stable peuvent améliorer la situation des personnes qui en sont atteintes.

Les problèmes de comportement liés au TSAF sont attribuables aux piètres compétences parentales

Les comportements observés chez les personnes atteintes du TSAF sont attribuables aux lésions qui surviennent à la suite d’une exposition prénatale à l’alcool. Ces personnes peuvent avoir des difficultés à gérer les frustrations et les défis de la vie quotidienne. Le manque de compréhension et de soutien approprié peuvent également engendrer des problèmes comportementaux. On a tendance à porter un jugement sur les compétences parentales des parents d’enfants atteints du TSAF lorsqu’on ne comprend pas ce qui provoque ces comportements.

Les personnes atteintes du TSAF « ne font pas d’efforts » et « mentent quand elles pensent être prises en défaut »

Il arrive fréquemment que les personnes atteintes du TSAF puissent faire une chose une journée, mais soient incapables de la faire le lendemain. Certaines personnes fabriquent une histoire si elles ont oublié un fait ou si elles ne comprennent pas le rapport de cause à effet. Cela s’explique par les lésions cérébrales survenues à la suite de leur exposition prénatale à l’alcool. Leur comportement n’est pas intentionnel.

Le TSAF n’est pas un trouble très commun

La recherche la plus récente en Ontario indique qu’environ 2 à 3 % des enfants âgés de 7 à 9 ans sont atteints du TSAF. Ce chiffre dépasse l’estimation précédente de 1 %. Bon nombre de ces enfants ne sont pas diagnostiqués en raison d’un manque de compréhension et de sensibilisation à l’égard du TSAF, d’un manque de services de diagnostic et de la réticence à avouer avoir consommé de l’alcool pendant la grossesse (Popova et coll., 2018).

Que savons-nous sur l’alcool et la grossesse ?

Malgré des années de recherche, aucune donnée ne permet de déterminer s’il y a un seuil de consommation d’alcool pendant la grossesse au-dessous duquel le bébé ne court aucun risque. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas boire d’alcool du tout pendant la grossesse. Si vous consommez de l’alcool, utilisez un moyen de contraception fiable pour prévenir toute exposition prénatale à l’alcool. Si vous décidez d’avoir un enfant ou pensez être enceinte, cessez toute consommation d’alcool. (Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, 2018).

Si vous n’arrivez pas à cesser de boire de l’alcool pendant votre grossesse, essayez d’en réduire la consommation. Adressez-vous à une personne ou à un service qui peut vous aider à trouver l’aide dont vous avez besoin.

Comment réduire l’incidence du TSAF ?

De nombreuses études ont été menées pour déterminer comment réduire l’incidence du TSAF. Il ne suffit pas de se contenter de dire aux femmes de ne pas boire d’alcool pendant leur grossesse. Il a été établi qu’il est important de combiner plusieurs stratégies pour réduire l’incidence du TSAF.

  • Sensibilisation aux risques associés à la consommation d’alcool pendant la grossesse.
  • Brèves conversations routinières avec les femmes et les hommes en âge de procréer sur leur consommation d’alcool et la nécessité d’utiliser un moyen de contraception fiable s’ils boivent de l’alcool.
  • Des services de soutien libres de tout jugement pour aider les femmes enceintes à cesser de consommer de l’alcool ou à en réduire la consommation pendant la grossesse.
  • Des services de soutien libres de tout jugement pour aider les femmes après la naissance du bébé à maintenir une consommation d’alcool à un niveau plus sûr et à demander une évaluation de leur bébé, le cas échéant.
  • Des politiques et des mesures d’aide visant à réduire la quantité d’alcool consommée dans l’ensemble de nos collectivités. (CanFASD, 2013)

Est-ce que la consommation d’alcool pendant l’allaitement peut causer le TSAF ?

La consommation d’alcool pendant que vous allaitez ne cause pas le TSAF. Le TSAF est causé seulement par l’exposition prénatale à l’alcool. Toutefois, il est bon de savoir que l’alcool consommé avant d’allaiter ou pendant l’allaitement passe dans le lait maternel et donc au bébé. Si vous voulez boire un verre à l’occasion et que vous allaitez, attendez que votre bébé ait au moins trois mois, son système sera plus développé. Si vous allaitez, planifiez votre consommation d’alcool pour assurer la sécurité de votre bébé. (Centre de ressources Meilleur départ, 2016).

Quels sont les signes indicateurs du TSAF ? Comment savoir si mon enfant est atteint du TSAF ?

Si vous avez des inquiétudes au sujet de votre enfant, il est important d’en discuter avec votre prestataire de soins de santé ou une travailleuse sociale ou un travailleur social, surtout si vous savez ou soupçonnez avoir consommé de l’alcool pendant la grossesse. Vous pouvez consulter le document sur les signes courants du TSAF à différents âges. Un diagnostic précoce peut améliorer la situation des personnes atteintes du TSAF, surtout s’il est accompagné du soutien et des services appropriés.

Il n’est pas facile de diagnostiquer le TSAF. Une équipe de spécialistes multidisciplinaire est chargée de l’évaluation ou du diagnostic. Il peut s’agir de médecins, de pédiatres, de psychologues, d’orthophonistes, de spécialistes du développement de l’enfant, de travailleurs sociaux et d’ergothérapeutes. Il revient à cette équipe d’établir le diagnostic. Cliquez sur l’onglet Services TSAF pour trouver le service de diagnostic le plus proche ou pour communiquer avec un des travailleurs spécialisés en TSAF de votre localité.

En quoi consiste le diagnostic ? Pourquoi est-ce important ?

Le diagnostic du TSAF requiert les services d’une équipe multidisciplinaire ainsi qu’une évaluation physique et neurodéveloppementale complexe. Les lignes directrices canadiennes concernant le diagnostic du TSAF révisées en 2016 (Trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) : lignes directrices pour un diagnostic tout au long de la vie) constituent la base pour établir un diagnostic du TSAF (Cook et coll., 2016).

Avantages du diagnostic :

  • Déterminer les points forts et les points faibles – la personne atteinte du TSAF peut ainsi obtenir de l’aide pour améliorer ses points faibles et miser sur ses points forts.
  • Avoir le soutien nécessaire pour pouvoir obtenir des services supplémentaires ou des prestations gouvernementales.
    Fournir des réponses aux questions que se posent les enfants plus âgés ou les adultes quant à savoir pourquoi ils ont la vie si difficile.
  • Tirer parti d’un soutien plus approprié peut contribuer à réduire l’incidence de problèmes additionnels.
  • Aider les parents à comprendre comment mieux aider leur enfant à réussir.
  • Fournir de l’information importante sur les services de soutien pour les jeunes qui passent à l’âge adulte, comme des ententes de mise sous tutelle, d’administration fiduciaire et de représentation juridique. (Cook et coll., 2016)

Comment demander un diagnostic ?

Il n’est pas facile de recevoir un diagnostic du TSAF. Les services sont limités, certains sont financés et d’autres sont payants. De nombreux services de diagnostic en Ontario ont une liste d’attente ou ne desservent que les personnes d’une région donnée. Pour trouver le service de diagnostic le plus proche, cliquez sur Services TSAF et faites une recherche à l’aide de votre code postal. Vous pouvez aussi communiquer avec votre travailleur spécialisé en TSAF local.

Quelle est la chose la plus importante que je puisse faire pour mon enfant atteint du TSAF ?

Même s’il n’existe aucun remède contre le TSAF, vous pouvez prendre des mesures pour offrir de meilleures chances de succès à votre enfant :

  • Obtenez un diagnostic précoce (avant l’âge de six ans).
  • Veillez à ce que votre enfant bénéficie le plus rapidement possible de services d’éducation spécialisée et du soutien de personnes qui comprennent le TSAF (reconnaissance officielle de l’enfant comme élève en difficulté, plan d’enseignement individualisé comprenant les services de soutien, les mesures d’adaptation, les outils, les plans d’apprentissage et de sécurité, etc.)
  • Renseignez-vous le plus possible sur le TSAF, sur les façons d’élever un enfant atteint du TSAF et comment lui offrir le soutien nécessaire pour améliorer ses résultats.
  • Offrez à votre enfant un milieu de vie chaleureux, encourageant et stable.
  • Offrez-lui aussi un milieu libre de toute violence. Enseignez-lui comment exprimer sa colère et sa frustration d’autres façons.
  • N’oubliez pas de lui dire que vous l’aimez comme elle ou il est et que vous serez toujours à ses côtés pour l’aider. (Centres for Disease Control and Prevention, 2018)

Quand dois-je parler à mon enfant de son TSAF ?

Le meilleur moment pour parler du TSAF à votre enfant… dépend de l’enfant. Chaque cas est différent. Lorsque les enfants atteints du TSAF commencent à poser des questions parce qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas tout à fait comme les autres ou que les choses se passent différemment pour eux, il est important d’entamer une conversation. Soyez honnête dès les premières questions de votre enfant pour éviter qu’elle ou il ne développe une image négative d’elle-même ou de lui-même. Parlez-lui tant et aussi longtemps qu’elle ou il démontre un intérêt, puis passez à autre chose.

Les points à garder en tête lorsque vous discutez du TSAF avec votre enfant :

  • Le ton de la conversation devrait être décontracté, jugez si votre enfant démontre un intérêt ou non.
  • Utilisez un vocabulaire approprié à l’âge de votre enfant.
  • Expliquez-lui que le TSAF est causé par l’exposition prénatale à l’alcool.
  • Si vous n’êtes pas le parent biologique : insistez sur le fait que la mère naturelle de votre enfant ne savait qu’elle était enceinte, ne connaissait pas les risques liés à l’alcool ou n’allait pas bien pendant sa grossesse. Ne parlez pas de honte ni de blâme pour éviter que votre enfant pense que sa mère naturelle lui ait fait du mal intentionnellement.
  • Si vous êtes le parent biologique : n’oubliez jamais que vous n’aviez pas l’intention de faire du mal à votre bébé. Selon la situation, vous pouvez dire à votre enfant : « Je ne savais pas que j’étais enceinte » ou « Je ne connaissais pas les risques liés à la consommation d’alcool pendant la grossesse » ou « Je n’allais pas bien pendant cette période de ma vie ». Répétez à votre enfant que vous l’aimez et que vous ne lui ferez jamais de mal intentionnellement.
  • Expliquez-lui que son cerveau fonctionne un peu différemment de celui des autres. Soulignez ses nombreux atouts et dites-lui que le TSAF n’est qu’une partie de qui elle ou il est. Servez-vous de contes, de photos et d’autres médias visuels pour vous aider à lui expliquer en quoi consiste le TSAF.
  • Reparlez du TSAF lorsque l’occasion se présente et fournissez plus d’information à mesure que votre enfant vieillit.
  • Expliquez le TSAF à ses frères et sœurs et même à ses amis. Vous pouvez ainsi les aider à accepter votre enfant et à comprendre pourquoi parfois elle ou il se comporte différemment.
  • Renforcez le fait que ce n’est pas de sa faute si elle ou il est atteint du TSAF.
  • Expliquez que le fait d’avoir d’autres personnes dans sa vie pour la ou le guider et en prendre soin peut l’aider à mieux vivre avec le TSAF et à prendre de meilleures décisions. Votre enfant sera ainsi plus susceptible d’écouter les aidants naturels qui s’en occuperont à mesure qu’elle ou il grandit. (TSAF région de Waterloo, 2013a)

Mon enfant a adopté des comportements difficiles. Comment puis-je l’aider ?

Les enfants atteints du TSAF peuvent répéter nos propos, mais ont souvent de la difficulté à comprendre ce qu’on leur dit et à exprimer leurs sentiments. En adoptant un comportement difficile, votre enfant essaie de vous dire que quelque chose ne va pas, mais il n’a pas la capacité de comprendre ce qui ne va pas et de l’exprimer.

Suggestions concrètes :

  • Déterminez comment se sent votre enfant en lui présentant des étiquettes toutes simples représentant des sentiments.
  • Créez un tableau avec des photos du visage de votre enfant accompagnées d’étiquettes l’aidant à nommer ses sentiments et ses émotions.
  • Ayez un endroit où votre enfant se sent en sécurité, où elle ou il peut se calmer ou exprimer sa colère ou sa frustration sans craindre d’être pénalisé pour son comportement.
  • Cherchez à comprendre pourquoi elle ou il agit ainsi. Faites preuve de patience, attendez que votre enfant soit capable d’en parler.
  • Ajustez le niveau de votre vocabulaire à celui de votre enfant. Si les phrases de votre enfant ne comportent que deux mots, les vôtres ne devraient pas en contenir plus de deux ou trois.
  • Utilisez des signes visuels, parlez doucement et lentement, avec des phrases courtes. Faites une pause de 20 secondes entre les phrases pour permettre à votre enfant de comprendre ce que vous dites.
  • Répétez vos propos et faites preuve de constance. Utilisez les mêmes mots et les mêmes directives chaque fois, cela l’aide à emmagasiner la directive dans sa mémoire à long terme.
  • Ayez recours à des règles simples et précises. N’utilisez pas de mots abstraits. Les enfants atteints du TSAF ont de la difficulté avec les concepts abstraits.
  • Redirigez l’attention de votre enfant plutôt que de le corriger ou de le discipliner.
  • Récompensez les bons comportements immédiatement.
  • Portez une attention particulière à ses points forts.
  • Modifiez l’environnement, pas votre enfant. Elle et il sera ainsi moins susceptible d’adopter un comportement difficile. N’oubliez pas que votre enfant a des lésions cérébrales, que son comportement n’est pas volontaire et qu’elle et il n’essaie pas de vous contrarier. (TSAF région de Waterloo, 2013b)

Comment puis-je aider mon enfant atteint du TSAF à l’école ?

On commence à reconnaître le TSAF dans les milieux scolaires et à prévoir des plans d’intervention. Toutefois, étant donné que cette reconnaissance est assez récente, il peut arriver que le personnel de certaines écoles en soit plus conscient que d’autres. Présentez-vous comme une personne-ressource qui tient à améliorer la situation de votre enfant et à faciliter la tâche du personnel enseignant. Encouragez le personnel de l’école à vous consulter pour pouvoir planifier et éviter tout problème éventuel. (FASD Waterloo Region, 2013c)

  • Présentez-vous à l’école, renseignez-vous sur les services potentiels qu’on peut offrir à votre enfant ou sur les nouveaux membres du personnel enseignant avant que votre enfant ne commence l’école ou avant la rentrée scolaire.
  • Discutez des points forts de votre enfant et de ses besoins et de ce qui a fonctionné pour y remédier dans le passé.
  • Assurez-vous que votre enfant a un Plan d’enseignement individualisé (PEI) qui énumère les services de soutien individuels, les mesures d’adaptation, les méthodes d’apprentissage et les objectifs d’apprentissage requis. Changez le PEI au besoin. Votre enfant n’a pas besoin d’un diagnostic ou d’une évaluation par un Comité d’identification, de placement et de révision (CIPR) pour obtenir son PEI.
  • Assurez-vous qu’il y a eu évaluation de votre enfant par le Comité d’identification, de placement et de révision (CIPR). Si ce n’est pas le cas, demandez-le. Ce comité détermine si l’élève est en difficulté ainsi que son placement conformément aux règlements du ministère de l’Éducation.
  • Si votre enfant commence une nouvelle année scolaire ou s’apprête à changer d’école, assurez-vous d’avoir un plan de transition.
  • Renseignez-vous sur tous les services de soutien offerts dans votre région pour cerner les services qui peuvent aider votre enfant à mieux réussir à l’école.
  • Amenez le personnel enseignant à comprendre que vous visez l’interdépendance pour votre enfant. L’indépendance n’est peut-être pas un objectif réaliste. Si les services de soutien fonctionnent, ne les supprimez pas (FASD ONE, 2014 ; TSAF région de Waterloo, 2013c).
  • Faites une recherche pour trouver d’autres renseignements relatifs à l’école ou à la scolarité sous l’onglet Information sur le TSAF dans notre site Web.

Mon enfant a des démêlés avec la justice. Où puis-je obtenir de l’aide ?

Les personnes atteintes du TSAF, jeunes comme adultes, sont vulnérables et surreprésentées dans le système de justice. Selon la John Howard Society of Ontario (2010), les jeunes atteints du TSAF sont 19 fois plus susceptibles d’être incarcérés que les autres jeunes et 60 % des personnes de plus de 12 ans vivant avec le TSAF ont été accusées ou reconnues coupables d’un crime.

Dépendamment de l’endroit où se situe une personne atteinte du TSAF sur le spectre, elle peut avoir de la difficulté à se contrôler, des problèmes de mémoire ou faire preuve d’un mauvais jugement. Elles ont besoin d’aide pour rester en sécurité et éviter les ennuis. Ces problèmes peuvent les amener à adopter des comportements à risque, à être facilement convaincues de faire des choses illégales, à assumer le blâme pour d’autres ou à être les victimes d’actes criminels. Votre enfant aura peut-être besoin que vous soyez sa personne de confiance pour l’aider à prendre de bonnes décisions et à comprendre les conséquences de ses actes.

Si votre enfant a des démêlés avec la police et la justice à cause d’un comportement criminel, essayez de rester calme et obtenez du soutien et des conseils. S’il y a un groupe de soutien TSAF dans votre localité, demandez-leur de vous aider et de vous fournir de l’information. Dans la plupart des cas, l’enfant ne comprendra pas ce qui se passe et pourquoi elle ou il a des ennuis. Votre calme et votre aide seront d’un grand soutien pour votre enfant.

Il peut être utile de créer un livret qui explique les besoins uniques de votre enfant aux policiers, avocats, juges et personnel correctionnel. Dans certains cas, c’est essentiel pour que votre enfant reçoive le traitement approprié à tous les échelons. Vous pouvez aussi réclamer que l’on considère des mesures différentes au lieu d’une poursuite judiciaire. Parmi ces mesures, on compte le dédommagement supervisé, les lettres d’excuses aux personnes lésées et le retour des articles volés.

Pour avoir plus d’information, faites une recherche dans les ressources juridiques et de justice en cliquant sur Services TSAF dans notre site Web. Faites une recherche à l’aide de votre code postal pour trouver une clinique d’aide juridique pour les personnes ou les familles à faible revenu.

Que puis-je faire pour éviter que mon enfant ait des démêlés avec la justice ?

La prévention est très importante :

  • Parlez à votre enfant de sécurité, du concept de la propriété, de ce qui est bien et de ce qui est mal. Ayez souvent cette conversation.
  • Minimisez les influences négatives : apprenez à connaître les amis de votre enfant et leurs parents et supervisez les interactions quand vous le pouvez. Aidez votre enfant à trouver de bons modèles et de bons amis qui ne se droguent pas, ne consomment pas d’alcool ou n’adoptent pas de comportements à risque.
  • Défendez les droits de votre enfant. Personne d’autre ne connaît mieux votre enfant que vous, n’ayez pas peur de vous porter à la défense de votre enfant en ce qui concerne les accusations et les peines appropriées et les programmes de justice réparatrice.
  • Demandez à votre enfant de toujours avoir sur elle ou sur lui une carte d’identité informant les autres de son TSAF et du fait qu’elle ou il peut avouer ou dire des choses inexactes. (TSAF région de Waterloo, 2013d)

Vous avez des questions ?

Cliquez sur Services TSAF et trouvez un groupe de soutien ou des travailleurs spécialisés en TSAF dans votre localité. Vous pouvez aussi échanger avec d’autres parents ou aidants naturels dans le site de discussion.

Références bibliographiques